Ni vues, ni connues : hommage aux grandes femmes de l’Histoire…. qui sont restées dans l’oubli - Lycée Français Molière

Sous la direction de Lucía Sánchez, professeure d’histoire en espagnol, avec la participation d’élèves du secondaire volontaires ainsi que le soutien et la créativité de Enrique Perales, professeur d’arts plastiques. 

L’humanité leur doit la reconnaissance et les historiens les ont trop souvent oubliées… Cet hommage rend visible les invisibles et remet à leur place les femmes guerrières, créatrices et porteuses de changement. 

Nous vous dévoilerons chaque semaine l’une de ces Femmes …. à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 8 mars 2019, journée internationale des Femmes. 

.

Lucy Eldine González Parsons

La femme qui était plus dangereuse que mille émeutiers  (1853-1942).

Lucy Parsons fut une syndicaliste, journaliste et écrivain activiste d’Amérique du Nord qui joua un rôle fondamental dans la lutte pour les droits des travailleurs au début du XXe siècle, aux États-Unis et en Amérique Latine. Lucy a grandi dans un ranch au Texas, probablement comme esclave ; elle était la fille d’une immigrante mexicaine et d’un métisse indigène. Étant donné ses origines, Lucy a connu la pauvreté et l’oppression durant toute son enfance. Elle luttera donc toute sa vie, brillamment et de façon exemplaire, contre ces conditions, et elle deviendra pionnière du mouvement ouvrier. Elle sera même capable de rassembler des milliers de personnes dans des mouvements de grève, manifestations et protestations. Indépendamment de ses origines, l’intérêt de Lucy s’est dirigé sur les luttes de classe autour de la pauvreté, du chômage, de la répression politique, contre le racisme et le machisme. Elle deviendra l’une des figures les plus importantes de la lutte ouvrière des États-Unis et elle collaborera, rédigera et publiera des articles dans des journaux tels que « The Socialist » et « The Alarm ». Elle fut aussi un personnage important de la IWPA (Association Internationale des Travailleurs – en anglais, International Working People’s Association) et de la AIT (Association Internationale du Travail). Ses publications et la force de son discours la conduiront en prison. Et, même après son décès, lors de l’incendie de sa maison, lorsqu’elle était âgée de 80 ans, le gouvernement continuera à la considérer comme une personne dangereuse et il réquisitionnera toute sa bibliothèque qui était composée de plus de 1500 ouvrages. Il fut aussi interdit que l’on fasse mention à sa disparition dans les journaux par peur que ses idées ne gagnent en notoriété après sa mort.

.

María Zambrano

La plus grande philosophe du XXe siècle – (1904-1991)

María Zambrano, née le 22 avril 1904 à Málaga, est une philosophe et essayiste espagnole reconnue. Lors de son séjour à Madrid, elle alla à l’école, passera ensuite son baccalauréat puis elle commencera officiellement ses études de philosophie comme auditrice libre à l’Université centrale de Madrid.

L’activité intellectuelle de Maria était inlassable… Elle fut nommée “Fille Préférée d’Andalousie”. Et, elle a reçu les deux récompenses les plus importantes d’Espagne: le « Prix Princesse des Asturies  » (1981) et le “Prix Cervantes” (1988).

Elle proclamera la II République espagnole et elle participera à quelques-unes des « Missions Pédagogiques » qui lui seront confiées. Lorsque la guerre fut annoncée comme perdue, elle décidera de collaborer pour la défense de la République en tant que Conseillère de la Propagande. Elle vécut en exil de nombreuses années et elle fut nommée professeure de Philosophie dans beaucoup d’Universités ; son importante œuvre contemple à la fois son engagement civique et ses pensées poétiques.

Souffrant d’anémie, elle tomba très malade en 1991. Elle décéda le 6 février 1991, dans une chaise roulante, sans pouvoir se tenir debout et en ne pouvant articuler à peine que quelques mots.

..

Maruja Mallo

 Était un peintre surréaliste espagnol – 1902-1995

Maruja Mallo, nom d’artiste d’Ana María Gómez González (née le 5 janvier 1902, à Lugo – décédée le 6 février 1995, à Madrid), peintre surréaliste espagnole.

En 1922, elle entra à l’Académie des Beaux-Arts de San Fernando puis elle prit le cap vers Paris. À Madrid, elle rencontra beaucoup de célèbres artistes, écrivains et cinéastes. Elle fit parti du groupe de femmes que l’on appelait « Las sin sombrero » (en français, « Celles qui ne portent pas de chapeau »).

C’est Ortega y Gasset qui dévoila ses peintures en organisant pour elle une exposition dans les salons de la Revue d’Occident, laquelle eu beaucoup de succès. À partir de ce moment, Maruja Mallo fut jugée pour ses œuvres et non plus pour sa condition de femme. À Paris, elle fit la connaissance de René Magritte, Max Ernst, Joan Miró et Giorgio de Chirico. Et elle commença sa période surréaliste.

De retour à Madrid en 1933, elle entra dans la société d’artistes ibériques. Peu de temps après, son amie Gabriela Mistral, l’aidera à s’installer à Buenos Aires, où elle recevra une invitation de l’Association des Amis de l’Art. Elle donnera, tant à Buenos Aires qu’à Montevideo, une série de conférences axées sur le thème populaire de l’art plastique espagnol. Elle commença son exil en Argentine à partir de 1937 et celui-ci durera 25 ans. Là-bas, elle continuera à peindre, à donner des cours et à cultiver ses relations amicales. De retour à Madrid, elle était presque devenue une inconnue dans son pays natal et elle disparut complètement de la vie publique.

En 1992, à l’occasion de ses 90 ans, une exposition dans la galerie Guillermo de Osma de Madrid fut organisée. Elle mourut le 6 février 1995, à Madrid, alors âgée de 93 ans.

.

Hildegarde de Bingen (1098-1179)

« La femme pourrait être faite à partir de l’homme. Mais l’homme ne peut se faire sans la femme »

Fut un personnage hors du commun du XIIe siècle. Au Moyen ge, malgré le rôle d’infériorité accordé par l’église aux femmes, Hildegarde de Bingen fonda non seulement ses propres monastères mais aussi elle obtint l’approbation du Pape pour prêcher dans les villes et villages et pour interpréter la Bible, ce qui jusqu’alors était exclusivement réservé aux hommes. C’est à l’âge de 43 ans qu’elle commencera à consigner les visions qu’elle avait depuis l’enfance et que Dieu encourageait à mettre par écrit.

Elle fut religieuse bénédictine mystique, abbesse, leader monacale, prophétesse, médecin, compositrice et femme de lettres allemande.

Elle est née en 1098 en Allemagne et ce fut la dixième enfant d’une famille noble qui la livra à l’église pour verser la dîme à Dieu. À l’âge de 14 ans, elle entrera au monastère bénédictin où il y avait une cellule pour les femmes car les monastères de l’époque étaient réservés aux hommes.

En 1148, elle fonda le premier monastère exclusivement féminin en tant qu’abbesse de Bingen.

La médecine, la biologie et la botanique l’intéressèrent aussi beaucoup.

Elle inventera un langage “lingua ignota”, qui lui permettait de communiquer avec les nonnes. Et elle créera aussi plusieurs œuvres musicales, sans voix.

À une époque où l’on considérait la terre comme une surface plate, Hildegarde la décrivait comme un œuf entouré d’étoiles.

Elle fut la conseillère de nobles, rois et papes (comme la reine Léonore d’Aquitaine) ce qui ne l’empêcha point de critiquer le relâchement de l’église dans ses habitudes.

Le monastère de Bingen qu’elle fonda fut aussi un centre culturel. Elle affirmera que le Soleil était le centre du système planétaire et elle proposera la théorie sur l’être humain comme étant un ensemble formé par un corps, un cerveau et un esprit.

Elle recommandait d’utiliser les plantes pour se soigner et d’avoir un régime alimentaire sain.

Dans ses moments libres, Hildegarde se consacrait à la poésie et à la musique. Elle a écrit pas moins de 70 œuvres liturgiques qu’elle a elle-même illustrées. Il s’agit essentiellement de traités théologiques et philosophiques inspirés de ses visions.

Elle fut proclamée Sainte et Docteur de l’Église par le Pape Benoît XVI en 2012.

Elle meurt en 1179, âgée de 81 ans, un âge avancé pour l’époque.

.

Mary Edwards Walker

Chirurgienne dans l’armée américaine, espionne, prisonnière de guerre, « suffragette », … la seule femme à avoir reçu la « Medal of Honor », Médaille d’Honneur des Forces Armées américaines. (1832 – 1919)                          

Au début de la guerre de Sécession des États-Unis, Mary Edwards Walker se porte volontaire pour servir dans l’armée de l’Union en tant que chirurgien, dans l’armée américaine, à Washington D. C.

Elle fut capturée par les forces de la Confédération en avril 1864 après avoir traversé les lignes pour soigner des civils blessés et elle sera emprisonnée jusqu’à sa libération en octobre de la même année.

Lors de sa détention comme prisonnière de guerre, Mary E. Walker refusera à plusieurs reprises d’obéir aux ordres de ses ravisseurs, voulant s’habiller avec des vêtements plus « féminins ».

Après la guerre, le Général Sherman et le Général Thomas l’ont proposée pour recevoir la Medal of Honor (Médaille d’Honneur) en raison de sa contribution à l’effort de guerre. Elle recevra la décoration le 11 novembre 1865.

Elle deviendra ensuite écrivain et conférencière et elle a écrit deux livres traitant de la question des droits de la femme et de leurs tenues vestimentaires. Elle participera pendant plusieurs années au mouvement des « suffragettes » aux États-Unis.

.

.

5 Dec 2018 –  70 years ago, Eleanor Roosevelt was instrumental in drafting the Universal Declaration of Human Rights. But she was not alone. Discover who are the women who shaped the major instrument for the defense of Human Rights.