Les 4èmes: lauréats du concours « Dis-moi dix mots »

18 mars 2021

Nous avons le plaisir de vous annoncer que le jury de l’opération « Dis-moi dix mots qui (ne) manquent pas d’air » a délibéré et a choisi le travail des élèves de 4e du Lycée français international Molière ! Leur texte sera publié prochainement dans le journal Sur les Chemins de l’écrit, publié par Initiales et mis sur le site du ministère de la Culture français.

La nouvelle édition du concours Dis-moidix mots 2021 invitait chacun à s’inspirer des mots qui évoquent l’air sous toutes ses formes ! L’air est, en effet, une ressource naturelle, un bien commun à préserver pour l’avenir de l’humanité. On l’associe également à la vie, à l’énergie, à la santé, mais aussi à la mobilité et à la circulation. Source de sensations, selon qu’il est chaud ou froid, qu’il embaume ou empeste, l’air est aussi ce souffle de vie qui nous relie aux autres. Il évoque symboliquement l’aventure, une frontière à franchir.

Sous la direction de leur professeur de français, Benjamin Atanian, les élèves de 4e ont tout d’abord travailler autour des 10 mots qui illustrent la thématique (aile, allure, buller, chambre à air, décoller, éolien, Foehn, fragance, insuffler et vaporeux) puis, ils se sont laissés porter par le souffle de leur imagination et “Le nouveau mot qui voulait changer d’air” est né !

Le nouveau mot qui voulait changer d’air


J’ai quitté le néant pour le monde des mots. Comment me direz-vous ? Une graine a poussé ? Les ailes d’une cigogne m’ont emmenée ? Je ne sais pas. La seule chose que je sais c’est que désormais j’existe. J’ai un passé (proche il faut l’avouer), un présent et un futur qu’on me prédit radieux.

Je suis né sans pousser de cri, dans l’aile gauche d’une bibliothèque. 

Au contraire de ma naissance qui a fait grand bruit. On l’a annoncée partout. À la télévision, à la radio, dans les journaux : « Un nouveau mot est né ! Un nouveau mot est né ! » Et me voilà aujourd’hui sur toutes les lèvres du monde. 

Pourtant je n’ai rien fait pour mériter tout ça. Il a simplement suffi qu’on prononce mon nom pour m’insuffler la vie.

Mes parents ont su bien avant tout le monde ma classe grammaticale. Grâce à une échographie.

– C’est un verbe ! leur a annoncé le linguiste.

Un verbe : quelle classe !

On m’a fait des analyses et comme tout était en ordre, on m’a placé dans la chambre A.R (All Right). Oui, j’ai des racines anglaises.

Je me souviens d’une étrange sensation avant ma naissance. Mes lettres n’arrêtaient pas de tourner comme les pales d’une éolienne. Et quand elles ont enfin trouvé leur place, mon corps s’est formé. Un minuscule petit corps. Le linguiste m’a tout de suite ausculté. Il a trouvé que j’avais fort belle allure. Deux syllabes, deux voyelles et deux consonnes. Des proportions parfaites. Puis il a regardé les mots autour de moi.

Il y a comme un air de famille, c’est indéniable. Regardez comme ses deux L sont bien dessinées… Aucun doute, ce mot donnera un vent de fraîcheur à la langue.

Coïncidence ou pas, je me souviens que le jour de ma naissance le Foehn soufflait très fort. Je me souviens aussi du parfum familier qui flottait dans la bibliothèque.

Sûrement la douce fragrance de ma mère. Ma mère, c’est la rousse qui est sur la table et au chaud de laquelle on m’a fièrement installé.

J’ai beaucoup parlé avec les mots qui m’entouraient et comme je suis de nature curieuse, j’ai très vite su que je ne voulais pas rester là, à buller dans ce livre épais qui me sert de couveuse. Moi, je rêvais d’ailleurs. Je voulais décoller, m’envoler à vive allure loin des ambiances feutrées et vaporeuses des bibliothèques pour m’en aller rejoindre les langues étrangères et les cultures du bout du monde. Je n’allais tout de même pas rester ici toute ma vie. Alors, comme je désirais tant voyager, je suis parti dans le vent.

Sans passeport, sans moteur, sans pneumatique, sans même chambre à air. Simplement avec mes deux ailes et ma paire d’air max.

Le souffle des hommes m’a emporté vers de nouveaux horizons. Et petit à petit, j’ai commencé à enrichir les langues du monde entier. Désormais on m’apprécie beaucoup.

Je pense même qu’on m’a définitivement adopté. C’est peut-être le début de la célébrité. Du moins ça m’en a tout l’air.

Plutôt satisfaits de leur texte, invitant au voyage, à la réflexion, au plaisir et à la poésie, les élèves de 4e, avec l’assistance technique d’Adrián Ortiz, ont ensuite mis en voix et en images leur création:

Nous félicitons vivement nos élèves de 4e pour cette magnifique création !