Il y a des personnes qui vont à la mer et qui n’y voient que de l’eau

25 novembre 2019

Par Amor Gonzalez, psychologue scolaire

Peut-être que vous connaissez des personnes comme ça, qui vont à la mer et qui n’y voient que de l’eau. Quand ils ne passent pas leur temps à se plaindre : « Qu’est-ce que la mer est loin, qu’est-ce que les immeubles sont laids, qu’est-ce qu’on a eu du mal à se garer, qu’est-ce qu’il fait chaud, qu’est-ce qu’il y a comme monde…. Et, en plus, je n’ose pas imaginer les embouteillages pour rentrer sur Madrid! » …

Comme le dit si bien mon ami Jean: il y a des personnes pour qui chaque solution a sept problèmes. Quelles plaies!

C’est en pensant à elles que j’ai eu l’idée d’écrire cet article et que j’ai eu envie de partager cet exercice: Say Yes!

Ne pensez pas que c’est le mien, je l’ai pris d’un cours que j’ai récemment terminé, ACT Immersion, lors duquel Stevens Hayes1 partage son expérience de plus de 30 années de recherche, d’enseignement universitaire et de pratique clinique. Il me semble très intéressant et j’aime beaucoup l’utiliser.

Je vous propose simplement de le faire et vous êtes libre de décider si vous en avez envie ou pas.

Vous pouvez commencer là où vous êtes, c’est bien. Jetez un œil autour de vous et, au fur et à mesure que vos yeux tombent sur n’importe quel objet, arbres, ciel, personnes, animaux…. prenez note de ce que vous ressentez d’un point de vue du “Non”. 

La perspective du “Non” signifie que ce que vous êtes en train d’observer “N’est pas bon, n’est pas bien, est insuffisant”, “Ça devrait changer”, “C’est inacceptable”. Regarder tout simplement une chose et adoptez une approche du “Non”, passez ensuite à autre chose et répétez l’opération encore et encore. Mettez l’alarme de votre téléphone portable et pratiquez cette vision pendant quelques minutes.

Répétez maintenant cette numérisation, mais, cette fois-ci depuis la perspective du “Oui”.

La perspective du “Oui” signifie “C’est bien”, “C’est exactement comme ça doit être, ça ne doit pas changer” ou “Je peux permettre que ce soit comme ça”.

Tout simplement, regardez autour de vous, arrêtez-vous sur un objet avec l’approche du “Oui”, et passez ensuite à un autre objet et continuez ainsi pendant quelques minutes.

Allez voir si vous pouvez sentir quelque chose de différent face au monde du “Oui” et face au monde du “Non”. Prenez votre temps et observez si vous pouvez ressentir si vous avez eu des sensations, pensées, émotions différentes…

Oseriez-vous représenter par une attitude physique la posture du “Oui” et celle du “Non”? Vous avez peut-être besoin d’un peu plus d’intimité et vous ne pouvez pas le faire maintenant… Mais, la décision vous appartient…

À l’avenir, au lieu de faire cet exercice avec les objets qui sont proches de vous, vous pouvez le réaliser lorsque des pensées, des émotions, des pulsions ou des souvenirs difficiles se présentent à vous.

Avec la pratique, vous commencerez à vous rendre compte lorsque vous êtes attrapé dans le cycle du “Non”, y compris, vous reconnaîtrez les signes physiques que vous adoptez avec votre corps. Il vous sera ainsi plus facile de vous en décrocher et de passer d’une façon consciente à la posture du “Oui”. 

Cette simple information, se rendre compte dans quelle bande vous jouez, peut marquer la différence entre entrer en pilotage automatique ou s’arrêter pour choisir quoi et comment faire.

Par exemple, si vous êtes de ceux qui voient toujours la bouteille à moitié vide et qui ont de la peine parce que si vous la buvez elle va se terminer, vous pouvez vous entraîner en essayant de savourer ce que vous êtes en train de boire, chercher de la compagnie ou, un bon livre, vous asseoir devant la TV ou regarder la mer… qui sait, peut-être que vous y verrez un peu plus que de l’eau.

Si vous souhaitez partager avec moi votre expérience, n’hésitez pas à m’écrire à : amor.gonzalez@lyceefrancaismoliere.es