Il n’est pas forcément nécessaire d’avoir envie de faire les choses pour honorer ses engagements

16 janvier 2020

Par Amor González, psychologue scolaire

Lorsque j’étais étudiante, je me souviens que chaque matière commençait par un chapitre d’introduction consacré à l’histoire, les fondements et la justification de la susmentionnée. Les préliminaires étaient parfois si longs que nous en restions à la moitié du programme.

Et moi, je me demandais: « Et pourquoi nous ne commençons pas à l’envers ? ». S’il doit rester quelque chose à étudier, que ce soit l’introduction, non ?

Allons donc à l’essentiel.

Si vous n’avez pas envie de continuer à lire la suite, la démarche et la conclusion sont dans le titre: Nous pouvons faire les choses sans en avoir envie!

Il fallait le dire et voilà, c’est fait, on l’a dit.

Si pour vous c’est évident, super ! Si vous n’êtes pas curieux, vous pouvez terminer votre lecture ici.

Si ce n’est pas si clair, et bien, continuons…

Vous ne me croyez pas ! Vous avez raison. Nous allons donc partir de votre expérience personnelle. Passez donc en revue tout ce que vous avez fait depuis que votre réveil a sonné ce matin. Combien des choses que vous avez faites aviez-vous réellement envie de faire ?

Ce n’est pas suffisant ! Continuons : Êtes-vous debout, assis(e) ou couché(e) ? Levez-vous et allez à la porte. Oui, ne restez pas assis(e) à lire. Allez à la porte et ouvrez-là. Maintenant refermez-là et retournez là où vous étiez avant.

Vous vous sentiez motivé(e)? Vous aviez envie de le faire?

Non, n’est-ce pas!

Et si l’on changeait la formule? : « Je ne peux pas parce que je ne suis pas motivé(e) » par « Je ne le fais pas » et c’est tout.

Le résultat sera le même mais, la différence, importante selon moi, se trouve dans l’explication que l’on se donne et vers quelle impasse nous emmène ce « faux ami ». Cette explication qui nous convient pour stagner et ne pas faire.

Lorsque je dis : « Je ne suis pas motivé(e) », mon contexte et moi-même, c’est-à-dire, mes parents, amis et collègues, hochent la tête avec compréhension : « C’est normal, si tu n’as pas envie, comment vas-tu le faire ».

Faut-il être motivé pour faire ce que vous devez, ou voulez, faire ? À savoir: réviser l’examen de mathématiques, faire le lit, ranger les vêtements, vider le lave-vaisselle, aller travailler, récupérer les enfants, les accompagner à la piscine, participer à l’« odieux » dîner d’entreprise de mon conjoint, me lever du fauteuil pour aller au gymnase, téléphoner aux amis pour sortir, aller déjeuner chez mes parents le dimanche, arrêter de fumer, …

La réponse reste la même « non ».

Il est évident que lorsque l’on fait quelque chose, cela doit avoir un sens pour nous, que ce soit se brosser les dents ou accompagner notre enfant au énième anniversaire, prendre soin de sa santé ou de ses parents, …

Mais, pour faire (copiez-collez ici le paragraphe antérieur, ou ajoutez tout ce que vous souhaitez faire, mais que vous ne faites pas parce que vous n’êtes pas motivé) il faut bouger les mains et les pieds.

Mais, faire est un verbe d’action, qui signifie s’élancer sur la piste. 

Se prendre la tête en attendant le souffle divin, l’aura pourpre ou l’inspiration sous forme de tracteur ayant une transmission intégrale qui puisse vous sortir de l’impesanteur et vous propulser dans l’action, équivaut à parier aux courses sur le cheval non partant.

Évidemment, lorsque l’envie est présente, tout semble plus facile.

Mais, comme le disait si bien Picasso, « L’inspiration existe, mais elle doit te trouver au travail ». Il en est de même pour la motivation.

Et si, un jour, la motivation vous prend au lit, un matin d’hiver, lorsqu’il fait froid et qu’il pleut, allez-vous sortir de votre lit heureux pour enfiler vos chaussures de sport et aller courir ? Et si l’inspiration surgit lorsque vous êtes en train de raconter à vos amies à quel point votre année scolaire est mauvaise parce que « cette année est super difficile et je ne supporte pas celle d’anglais », rentrez-vous en courant chez vous pour préparer la dissertation qui est à rendre pour demain ?

Alors, si c’est à vous de sortir le chien, d’aller acheter la baguette, d’aller passer l’inspection technique de la voiture, de repasser une montagne de chemises, de réussir l’examen d’histoire ou de vous cloîtrer six jours sur sept à la maison pour être admis(e) au concours que vous préparez, « L’action est la clé fondamentale de tout succès », sentence attribuée, elle aussi, à Picasso.

Parce que c’est difficile, vous n’aimez pas, vous n’y prenez pas de plaisir, vous êtes fatigué, un rien vous distrait, … c’est une autre histoire. 

Les arguments ne manquent pas à notre machine « à donner des bonnes raisons », c’est-à-dire, notre esprit. Il dispose d’un arsenal inépuisable de motifs pour ne pas faire…

Mais, il s’agit là encore d’une autre histoire…

Alors, voyons si je peux esquiver un jour mon esprit pour pouvoir vous en parler. Comment fonctionne notre cerveau, les pensées, les miennes, les vôtres, celles de votre épouse ou de votre époux, celles de vos enfants, parents, frères et sœurs, amis, …. lors de ces situations dans lesquelles nous nous retrouvons bloqués.