Visite sur le terrain de la bataille de Brunete : Réfléchir sur la mémoire et le silence

Visite sur le terrain de la bataille de Brunete : Réfléchir sur la mémoire et le silence

Poursuivant leur étude de la mémoire de la Guerre civile espagnole, les élèves de Seconde du groupe Littérature et Société se sont rendus sur le site de la bataille de Brunete qui en Juillet 1937 vit s’affronter plus de 120 000 soldats nationalistes et républicains. Les circonstances, l’intensité et le caractère exceptionnel de cette bataille, avec par exemple la présence de nombreux volontaires des Brigades Internationales, avaient été évoqués en classe à l’aide de textes, de cartes et d’images d’archives. Cependant rien ne vaut une « visite » sur le terrain pour se rendre compte de l’ampleur de la bataille.

Nous sommes donc partis de Quijorna pour trois heures trente de marche, sous un soleil printanier. Notre guide, Ernesto Vinas membre de l’association « Brunete en la Mémoria » et fin connaisseur des collines de Quijorna à Valdemorillo avait apporté des photos d’époques et des objets trouvés sur place pour faire revivre sous nos yeux la bataille. Les élèves ont aussi découvert les fortins et les tranchées de la ligne de front, les grottes qui pouvaient servir d’abris pour les hommes et les munitions. Tout un paysage encore marqué presque 80 ans plus tard par l’horreur de cette bataille.

Outre l’originalité d’une sortie en pleine nature (« ça change des sorties à Madrid » dixit un élève) cette demi-journée a fait naître de nombreuses questions.

« Comment se fait-il que nous ne connaissions pas ces lieux ? J’habite ici depuis ma naissance ; quinze ans et jamais on ne m’a parlé de ce champs de Bataille ! Pourquoi ? »

« Comment se fait-il que rien ne soit indiqué, qu’il n’y ait pas de panneau d’explications ? »

« C’est fou de trouver encore des débris de bombe ou des balles ! Pourquoi les archéologues n’ont-ils pas tout ratissé ? »

Ces remarques entendues au long du parcours nous montrent que l’objectif de ce cours est atteint. L’idée n’était pas de traiter de la guerre civile, ni même au fond de la bataille de Brunete ; l’idée n’était pas non plus de donner les réponses à ces questions. En revanche le projet était de faire naître des interrogations, un début de réflexion sur la mémoire et le silence. Il est important d’affronter son passé, surtout quand il est aussi sanglant que celui-ci, il est important de ne pas oublier, surtout quand des milliers d’hommes de tous bords ont perdu la vie.

Jérôme Favre
Professeur d’histoire-géographie

 

Comentarios (1)

  1. Graciela Veilati

    Mis sinceras felicitaciones a M.Fabre y el mayor agradecimiento a Ernesto Vinas y a Sven Tuytens por compartir sus conocimientos con nuestros niños.
    Como argentina que ha vivido la dictadura más sangrienta de la historia de mi país y el doloroso proceso posterior de conocer sus trágicos detalles, siempre he visto con asombro e inquietud la deuda pendiente que tiene España con su propia memoria histórica.
    Sin duda un proyecto como este aporta su grano de arena para que las jóvenes generaciones puedan asumirla con el mayor respeto por los unos y los otros.

Deja un comentario

Tu dirección de correo electrónico no será publicada. Los campos obligatorios están marcados con *