Un partenariat pour mettre en valeur le devoir de mémoire 

Un partenariat pour mettre en valeur le devoir de mémoire 

 

Dans le cadre de la convention que le Lycée français Molière vient de signer avec la Maison d’Izieu, les élèves de troisième et première ont assisté vendredi dernier à deux conférences assurées par Mme Waysbord, présidente de l’association et par M. Halaunbrenner, fils de déportés, à l’Institut français et au Lycée français de Madrid.

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La Maison d’Izieu est à la fois le lieu de l’arrestation, le 6 avril 1944, des enfants qui y résidaient, un mémorial dédié à leur mémoire, et un monument historique. Le partenariat vise à développer des actions pédagogiques (conférences, formation des enseignants, organisation d’un voyage à Izieu pour avril 2016…) en lien avec les programmes scolaires.

“Le partenariat avec la Maison d’Izieu présente beaucoup d’intérêt pour le travail avec les élèves du Lycée Molière”, nous explique M. Aguer, professeur d’Histoire et Géographie. “Les ressources que cette institution met à notre disposition pourront participer à l’élaboration de plusieurs thèmes des programmes d’histoire de 1ère  et de  3ème. En effet pour ces deux niveaux, cette collaboration aura un intérêt dans trois chapitres. Il s’agit tout d’abord de celui traitant des guerres mondiales où il s’agit de montrer l’un des caractères nouveaux des guerres au XXème s. : la volonté d’anéantissement de l’adversaire, qu’il soit militaire ou civil, doublée par la volonté politique d’exterminer spécifiquement certaines catégories de populations -génocide des Arméniens pour la Première guerre mondiale, génocide des juifs et des Tziganes pour la Seconde guerre mondiale. Il s’agit également de celui qui porte sur les régimes totalitaires -soviétique, fasciste et nazi- où l’on étudie les systèmes concentrationnaires, et enfin, des thèmes d’histoire politique française qui abordent les combats de la Résistance contre l’occupant nazi et le régime de Vichy. L’accès privilégié à des ressources concrètes permettra de susciter l’intérêt des élèves, de donner une cohérence supplémentaire à notre enseignement en constituant une sorte de « fil rouge » mais aussi, pour citer Mme Hélène Waysbord, « éviter l’abstraction » lorsque l’on aborde ces thèmes ou tout autre thème d’Histoire”.

Le concept de Mémoire historique, idéologique, est de nature relativement récente et désigne l’effort conscient des groupes humains pour retrouver leur passé, qu’il soit réel ou imaginaire, tout en le valorisant et le traitant avec un respect tout particulier. Les témoignages de Mme Waysbord et M. Halaunbrenner, fille et fils de déportés, non seulement impressionnèrent et bouleversèrent les élèves, mais ils servirent d’approche à des faits historiques qui leur paraissaient très lointains, dont il faut se rappeler et auxquels il faut réfléchir pour que ces événements tragiques ne puissent plus se reproduire.

“Nous sommes ressortis avec un autre regard sur la Seconde Guerre Mondiale. Ils nous racontèrent leur vie pendant la guerre, ce qu’ils ont perdu, comment ils ont souffert… Malgré tout ce qu’ils ont vécu, ils étaient là , deux personnes ayant réussi dans leur vie professionnelle et racontant leur histoire” , nous relate Alejandra Jalón, élève de 1ère S.

Pour Guiomar Pescador, élève de 1ère S, cela fut une expérience incroyable. “La Seconde Guerre Mondiale est une époque qui nous paraît très lointaine. C’est assez difficile d’imaginer  la situation des gens et ce que cette guerre représentait pour eux. Écouter ces personnes raconter leurs expériences, tout ce qu’elles ont vécu et comment elles ont réussi à s’en sortir, tout cela nous a rendu cette époque plus accessible. Apprendre l’histoire racontée à la première personne nous paraît plus facile”.

“Avec ces  témoignages, nous réalisons que la guerre affecte de nos jours encore beaucoup de personnes, mais comme nous ne sommes pas affectés nous- mêmes, nous ne pensons  pas souvent aux personnes qui n’ont pas eu cette chance”, dit Raquel Bellés, élève de 1ère S.

“Aujourd’hui on ne peut pas s’imaginer vivre les histoires de Mme Waysbord et M. Halaunbrenner”, souligne Jorge Amor, élève de 1èreS. “Et le fait qu’ils aient survécu à telle catastrophe nous montre leur esprit de combat qui est exemplaire. Un grand bravo !”, s’exclame un autre élève qui a oublié de signer son témoignage et qui, comme tous ses compagnons, a apprécié énormément la conférence.

 

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