Rencontre CVL à Paris : une réflexion sur la laïcité

Rencontre CVL à Paris : une réflexion sur la laïcité

Du 20 au 23 mai, comme représentante du Conseil de Vie Lycéenne du Lycée français Molière, j’ai eu la chance de participer à un événement très particulier :  une réunion, à l’université de la Sorbonne à Paris, des délégués élus du CVL de la Mission laïque française de toute l’Espagne, de Florence (Italie), du Liban, de la Jordanie et des délégués élus du CAVL de l’académie de Paris.

Le CVL est un organisme  qui ne concerne que les lycéens. Y  participent dix délégués élus qui travaillent dans le but d’améliorer la vie de leur établissement. De la même façon le CAVL travaille à un niveau académique. 

Dans cette rencontre le thème principal était la laïcité. Après les attentats de Janvier dernier concernant Charlie Hebdo ce thème a provoqué de la polémique en France. C’est pour cela qu’il paraissait intéressant de voir ce que les lycéens avaient à dire. 

La journée a commencé avec un discours du directeur de la Mission laïque française, Yves Aubin de la Messuzière qui a voulu nous transmettre l’idée qu’il n’y a pas qu’une façon de décrire la laïcité et qui nous a recommandé ainsi la lecture du livre “Les sept laïcités françaises”, de Jean Baubérot. Puis, Marc Alexandre Oho Bambe, un poète français connu aussi comme Capitaine Alexandre, a lu un des poèmes qu’il a fait à l’aide de ses élèves de Lille.  Ensuite, Il y a eu trois activités, chacune dirigée par un adulte, expert sur la laïcité.  Le premier groupe a travaillé sur un lexique en relation avec le thème principal grâce à l’aide de Marc Oho Bambe et a créé un poème qui sera certainement disponible.

 

Le deuxième groupe, a travaillé sur la nouvelle matière d’éducation morale et civique qui remplacera l’éducation civique actuelle . En fait, il y aura quatre thèmes principaux et chaque année ils seront portés de différente manière. Mais, les lycéens avaient d’autres préoccupations à part le nouveau programme. Premièrement, ils pensaient que cette matière devrait être plus prise en compte, surtout par les élèves qui apparemment la prennent à la légère. En effet, pour un des délégués c’est une de seules matières qui forme les élèves pour la vie de tous les jours. D’autre part, ils se demandaient si vraiment on pouvait noter les élèves dans ce type de matière. L’ argument principal était qu’on ne pouvait pas dire si quelqu’un était un bon citoyen ou pas avec des contrôles sur les valeurs de la France, qu’on pouvait seulement s’assurer si l’élève connaissait ces valeurs et que cela ne prouvait rien. Bien sûr les idées des lycéens sont prises en compte mais la décision reste aux adultes.

La laïcité : tolérance et solidarité vers les autres 

La troisième activité, à laquelle j’ai participé, était un débat sur le thème : comment la laïcité est-elle vécue en France et ailleurs ? Le débat semblait très prometteur étant donné qu’il y avait des élèves de différentes nationalités, telle que la française, l’espagnole et la libanaise. La discussion a commencé avec les élèves de chaque pays racontant comment on vit la laïcité chez eux. 

Les Parisiens ont dit que la laïcité c’est quelque chose de très présent en France car elle est inclue dans les mœurs de la société, même dans l’histoire à cause de la loi de séparation des  Églises et de l’État en 1905. Pour les élèves du Liban, tout ce qui concerne la laïcité concerne aussi l’ouverture d’esprit, la liberté d’expression. Pour eux, leur lycée, un des seuls établissements qui est laïque dans la région, est ce qui leur a permis d’avoir une vision plus large des choses. Puis, pour les Espagnols, on s’est rendu compte qu’en Espagne la laïcité est un terme qu’on emploie très peu, peut-être à cause de l’homogénéité religieuse. Mais on en a conclu que dans notre pays on vit la laïcité sans s’en rendre compte. 

On a pu voir que dans tous les cas il y avait l’idée de vivre ensemble, d’égalité et de tolérance. On a conclu que la laïcité ne concerne pas que la religion comme la majorité de nous le pense, comme j’ai évoqué avant pour les lycéens du Liban elle permet l’ouverture d’esprit dans un pays où il y a dix-huit confessions, pour les espagnols celle-ci est, ou pas, inscrite dans l’éducation des personnes et implique le progrès, et pour les Parisiens, c’est une habitude, inscrite dans la société. La manière de vivre la laïcité dépend du contexte culturel du pays.  

L’après-midi on a eu la visite de M. Abdennour Bidar, un philosophe qui travaille surtout sur la religion de l’Islam et qui est chargé de la pédagogie de la laïcité au ministère de l’Éducation nationale.

Il nous a parlé de la charte de la laïcité (link à la charte) affichée dans tous les lycées. Il voulait surtout que l’on se rende compte que la laïcité c’est la tolérance et la solidarité envers les autres, et que l’école était un des seuls lieux ou l’on pouvait s’exprimer sans peur, qu’il fallait trouver à travers des débats ou activités la façon de nous faire participer, nous les élèves, à la vie scolaire et surtout nous faire penser, que l’on puisse dire nos opinions. Pour lui,  l’école nous donne la chance de la liberté de conscience et dans les débats le but n’est jamais de convaincre, parce que l’opinion de l’autre est dans beaucoup de cas impossible à changer, mais d’entendre ce que les autres personnes ont à dire et de le respecter. 

Ensuite, il y a eu une dernière rencontre, en présence du Recteur de l’académie de Paris. Après un compte rendu de la matinée, Monsieur le Recteur a voulu nous transmettre quelque chose qui me parait très important,  l’idée de  « se rassembler sans se ressembler obligatoirement ». 

Pour finir, pendant la journée lors des discussions, je me suis rendue compte que c’est grâce à mon lycée que je connais certaines valeurs, principes, qui s’identifient avec la culture française, mais ce n’est pas que moi, les autres délégués étaient d’accord, les Lycées et surtout ceux de la Mission Laïque offrent de la diversité et une très grande ouverture à d’autres cultures. Moi, élève de parents espagnol, j’ai été éduquée au sein de la culture espagnole chez moi, mais aussi grâce au Lycée Molière, j’apprends la culture française.

Cette rencontre a été une expérience incroyable. C’était très impactant, à cause du lieu évidemment, la Sorbonne est un endroit très particulier avec beaucoup d’histoire, mais aussi à cause des élèves qui s’engageaient vraiment dans les débats, sans peur, donnaient leurs opinions et s’écoutaient les uns les autres. J’ai donc compris l’importance de cette rencontre et la richesse qui existait grâce au mélange de cultures, des nationalités et des expériences vécues par les élèves. 

Guiomar Pescador (élève de 2nde Matisse) 

Vidéo de la réunion du CVL à Paris

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