Entrevue avec le Proviseur au sujet du Congrès 2015 #mlfNumérique : “Le numérique implique un changement culturel”

Entrevue avec le Proviseur au sujet du Congrès 2015 #mlfNumérique : “Le numérique implique un changement culturel”

Sous le titre “Le numérique : communication, citoyenneté, autonomie”,  a eu lieu cette semaine, à Dijon en France, le Congrès annuel de la Mission Laïque Française et de l’OSUI (l’Office scolaire et universitaire international) auquel a participé la Direction du Lycée Français Molière ainsi que tous les établissements du réseau.

Les pratiques pédagogiques, les ressources, la formation, la stratégie, les réseaux, les outils… autant de thématiques concernées, voire modifiées par le numérique et qui ont fait l’objet d’échanges, de débats, d’exposés menés par près de 300 participants, des enseignants, des directeurs, des chefs d’établissement du réseau, par les représentants des académies partenaires, du ministère de l’Éducation nationale et de ses institutions (CNED, ESENSER, CANOPE).

En 2014, au congrès de Saragosse, la Mlf a fait réfléchir son réseau sur les multiples facettes de la problématique posée par le numérique dans une pédagogie et une organisation scolaire centrées sur l’élève. Le congrès de Dijon, du 11 au 13 mai 2015, a poursuivi la réflexion tant sur le fond que sur la méthode.

Dominique Javel, Proviseur du Lycée français Molière, nous résume, dans l’entrevue qui suit, les conclusions auxquelles sont arrivés les participants au congrès.

Comment enrichir avec le numérique la dynamique et le projet d’une communauté scolaire orientée vers l’intérêt de l’élève ? 

L’enjeu qui nous réunissait tous, chefs d’établissements, directeurs, agents comptables, partenaires de la Mlf, est bien celui qui anime notre mission, à savoir la place centrale de l’élève. Celui-ci vit une révolution numérique et culturelle et il s’agit pour nous d’en comprendre les mécanismes, certes, mais aussi de les accompagner. De nouvelles relations s’établissent avec les élèves, de nouveaux types de rapports, d’affinités. Le danger serait de les ignorer, de ne pas vouloir les prendre en compte.  Le numérique n’est pas une simple révolution technique. Il implique un changement culturel. Le défi pour les éducateurs est de permettre à l’élève de ne pas perdre la dimension humaniste qui le structure. Le numérique, à ce titre, peut ouvrir les élèves sur davantage d’humanisme puisque celui-ci peut créer, produire, expérimenter, découvrir le monde qui l’entoure grâce à des outils beaucoup plus puissants que ce que l’on a pu nous-mêmes utiliser.

Mais cela suppose que l’établissement scolaire et ses personnels soient acteurs d’une innovation pédagogique pertinente… et permanente.

Effectivement, on ne peut plus enseigner de la même façon qu’avant le numérique. Les intervenants ont tous souligné qu’il était nécessaire de repenser le rôle des enseignants. La question n’est pas de les supprimer et de les remplacer par un écran. Bien au contraire ! Il existe déjà des professeurs qui se sont lancés dans les innovations, mais ils restent parfois isolés. Le défi est maintenant d’aller vers des écoles tout entières innovantes. Dans 15 ans, il est probable que connaître simplement des faits n’aura que peu de valeur. Et l’on retrouve là un des attraits de l’enseignement français : apprendre à penser, et de manière créative, indépendante, rigoureuse. M. Deberre a bien souligné que le maître était un guide de la compréhension des choses. On ne peut pas s’en passer.

Comment faire naître l’école des partenaires, soutenant avec le numérique l’hypothèse d’une école plus apprenante quand elle s’appuie sur l’échange, le partage, et la force d’un réseau ?

L’école refermée sur elle-même est désormais impossible. La question du réseau est inévitable. Le partage se doit d’être une règle quotidienne et l’on retrouve en cela l’humanisme tel qu’il s’est développé au XVIème siècle. Dans sa conclusion, le directeur général de la Mission laïque française, M. Deberre, a souligné que notre mission était bien de construire l’humain ; grâce au numérique nous avons la chance de pouvoir le partager.

Les partenariats que la Mlf tisse avec des académies françaises, mais aussi les liens que nous établissons à l’intérieur de nos établissements, donnent du sens à l’éducation que nous offrons.

Comment le Lycée français Molière compte-t-il, à court et moyen terme, aider ses élèves à réussir à l’ère du numérique ?

Question ambitieuse, mais également porteuse d’avenir. Elle peut se résoudre, ou tout au moins s’éclairer progressivement, par deux grands axes. Le premier est celui de la technologie. Ce n’est pas le plus compliqué car les solutions existent. L’équipement du lycée s’enrichit d’année en année. Néanmoins, il est encore difficile de poser des choix qui engagent l’établissement, les professeurs, les élèves, les familles. L’année scolaire 2015-2016 sera sans doute décisive puisque nous aurons pu bénéficier de deux congrès de la Mlf consacrés aux enjeux du numérique.

Le deuxième axe, plus complexe, est celui de la question des compétences et de la formation des personnels, des élèves et, pourquoi pas, des parents. Il est nécessaire d’y réfléchir en équipe et la communauté éducative doit se retrouver autour d’un projet le plus clair possible. Nous allons y travailler ensemble afin de répondre à la richesse du numérique. “La classe du futur est plus un défi pédagogique que technologique” (intervention de Marc Durando, directeur exécutif de European Schoolnet).

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