Commémoration du centenaire de la Grande Guerre

Commémoration du centenaire de la Grande Guerre

Pour commémorer le centenaire de la Première Guerre Mondial au Lycée français Molière, mardi 10 mars 2015, 156 élèves de CM2, 3º et 1º brassés et répartis en 8 groupes ont participé à 8 ateliers proposés par un parent d’élève, des élèves de CM2 et 2nde et des professeurs. 

 

Atelier nº 1, à la Médiathèque                 

“Tranche de Vie”, raconté par M. Tuytens, parent d’élèves

Le 10 mars dernier, dans le cadre la journée de Commémoration du Centenaire du début de la première guerre mondiale, organisée par le Lycée Molière, à huit reprises, j’ai raconté l’histoire de mon grand-père Maurice, arrière grand-père de mes filles qui étudient  dans cette école. 

Mon grand père avait dix-huit ans quand il s’est porté volontaire pour aller se battre dans la Grande Guerre. Il était choqué par la cruauté de l’occupant envers la population civile. Pour lui la guerre a seulement duré trois mois jusqu’au moment où des éclats d’obus lui ont arraché la jambe droite. 

J’ai lu une lettre aux élèves qu’il avait écrit dans son lit d’hôpital pour raconter à son frère, Jules, à quel point il était heureux d’être vivant et qu’il rêvait d’un monde en paix. Cette lettre n’est pas arrivée à temps. Jules est mort en combat quelque part dans le nord de la France.

Comme message, j’ai essayé de leur faire comprendre que les blessures physiques de Maurice mirent du temps à guérir et à accepter son handicap, mais les séquelles psychologiques l’ont marqué jusqu’à la fin de sa vie.

Les enfants étaient fascinés par le petit journal de guerre de Maurice. Ce qui leur a le plus ému a été une page dans laquelle, il avait écrit les noms de tous ses camarades morts dans les tranchées.

J’ai été impressionné par l’écoute active de mon public et leur participation. Dans chaque groupe, des élèves m’ont  raconté qu’eux aussi avaient des proches qui avaient lutté dans la Première Guerre Mondiale. 

Atelier nº 2, en salle de réunion nº 2

“Photos stéréoscopiques”, animé par deux élèves de 2nde, Susanne R. et Alejandra J.

A la veille de la Grande Guerre, la photographie stéréoscopique connaît un véritable succès, favorisé par la commercialisation d’appareils de prise de vues destinés aux professionnels ou aux amateurs.

Pendant la Première Guerre mondiale, de nombreuses photographies sont prises avec ces appareils, et ceci par l’ensemble des belligérants. L’un de ces appareils était dans les mains de l’arrière grand-père de Suzanne R. de 2nde qui a présenté, avec l’aide de sa camarade classe Alejandra J., trois clichés stéréoscopiques (mais aussi deux pistolets ayant servi à projeter des fusées éclairantes) aux élèves de CM2, 3ème et 1ère

Leur présentation, très réussie, a permis à leur public des trois niveaux de mieux comprendre la vie des soldats dans les tranchées, le procédé de la photographie stéréoscopique mais, en plus, pour les élèves de 3ème de voir à quoi peut ressembler l’épreuve d’Histoire des Arts puisqu’il s’agissait de la reprise de l’exposé que Suzanne avait réalisé l’an dernier pour cette épreuve.

Atelier nº 3, en salle polyvalente

Documentaire: “la Grande Guerre au Coeur de l’enfer”, présenté par Mme Gleyzes 

Le documentaire “Grande Guerre au cœur de l’enfer“, réalisé par la chaîne France 24 pour commémorer le centenaire du déclenchement de la Grande Guerre a rappelé aux élèves les principaux aspects de la première guerre mondiale :

« Il y a cent ans jour pour jour, le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France. L’Europe s’embrase et fait basculer le monde dans une guerre totale. Nos reporters reviennent sur la Grande Guerre, premier conflit majeur du XXe siècle, qui a mobilisé plus de 70 millions de militaires et tué 10 millions de personnes.

C’était il y a cent ans. Le 3 août 1914, l’Europe entre en guerre et entraîne le monde avec elle. Mitrailleuses, chars, gaz, avions, artillerie… De nouvelles armes de plus en plus meurtrières font alors leur apparition. La “guerre moderne” est née.

En un peu plus de quatre ans, la Grande Guerre enregistre un record des premières historiques : première guerre mondiale, de masse, médiatique, sous-marine, de tranchées… De la bataille de la Marne à l’Armistice, le conflit a mobilisé plus de 70 millions de militaires dont 60 millions d’Européens et tué 10 millions de personnes.

De 1914 à 1918, c’est aussi une carte de l’Europe qui se redessine, des États qui disparaissent et de nouveaux qui apparaissent… La révolution russe et la naissance d’une superpuissance : les États-Unis. » 

Source : France 24 

Les élèves les plus âgés, à l’issue de la projection du documentaire, ont parfois pu répondre aux questions de leurs plus jeunes camarades pour en éclaircir certains points.

Atelier nº 4, en salle de réunion nº 1

“Dessins et Lettres de poilus…” proposés par les élèves de CM2 et leur professeur Mme Zylbersztein

Gaston,Claude,Émile, Jean, Eugène, Lucien, Germain, François, Pierre… 57 portraits de poilus dessinés aux pastels par les élèves de CM2 et présentés aux plus grands. Pour accompagner ce moment de souvenir, des lettres de Poilus, écrites là-encore par les CM2, ont aussi été lues tant par les plus petits que par les plus grands.

Voyer les images de cette exposition

Atelier nº 5, espace multimédia de la Médiathèque

“Serious Games”, jeux-concours animé par M. Aguer, professeur d’histoire-géographie

Conçu par le Musée Canadien de la Guerre, « À l’assaut » est un « jeu sérieux » qui permet de se mettre dans la peau d’un soldat canadien pendant la guerre, notamment dans les tranchées. Cette aventure interactive permet aux joueurs de se plonger dans la vie quotidienne des soldats sur le front ouest à la fin de l’automne 1916 : une vie quotidienne baignée par l’excitation, la peur, le désespoir et l’horreur suscitée par les combats de la guerre de position. 

C’est un jeu plutôt bien fait : il y a différentes énigmes, et les joueurs doivent réaliser les missions d’un soldat, tandis que des textes décrivent les conditions de vie et la peur qui pouvait régner dans les tranchées.

Alors que le jeu avait été pensé pour un seul joueur, les élèves ont été associés dans des « commandos » (constitués d’un ou deux élèves de collège et de lycée autour d’un élève de CM2 qui devait en assurer le commandement) dont la mission était de progresser le plus possible dans le jeu en un temps limité de 25 minutes. 

Les élèves les plus jeunes ont été parfaitement conseillés par les plus âgés. 

Cela n’a pourtant pas évité, pour certains « commandos » sortis imprudemment de la tranchée, de mourir au combat !

Atelier nº 6, en salle de classe des CM2B

“Journal d’un soldat” avec M. Giménez, professeur de français

L’activité portait sur un petit manuel intitulé “Sois bon soldat, conseils à un jeune conscrit” du Lieutenant Alphonse Magniez. Édité en 1904 et réédité à plusieurs reprises ensuite, et ce vraisemblablement jusqu’en 1914, il était donné à tous les jeunes gens au moment de leur service militaire. 

Il s’agissait, au travers d’un parcours qui nous a amené à commenter un extrait et deux illustrations, de faire émerger une représentation du soldat français et, au delà, de l’armée française, dans la période qui a immédiatement précédé la guerre.

Les élèves se sont montrés réactifs face au texte et aux dessins, chaque groupe d’âge proposant des lectures propres à leur maturité, ce qui a donné lieu a des confrontations de point de vue intéressantes et parfois amusantes.  Ils ont pu ainsi faire émerger l’image d’un soldat français peu professionnalisé ainsi que celle d’une armée tournée vers le passé et peu préparée à affronter les défis d’une guerre moderne.

Atelier nº 7, en salle de classe des CM2A

“Remembrance and the poppy”, atelier en anglais, proposé par Mme Grinvalds, professeur d’anglais

A la suite de la 1ère guerre mondiale, le coquelicot (poppy) a été associé au souvenir des soldats tombés au champ d’honneur, principalement dans les pays du Commonwealth. Après avoir discuté de l’origine et de l’importance de ce symbole, les élèves ont pris la place des anciens combattants de la “Poppy Factory”. Par groupes de 2, ils ont ainsi fabriqué des fleurs en papier et les ont plantées dans notre Field of Remembrance, à l’instar de celui installé dans les jardins de l’Abbaye de Westminster, tous les ans, autour du 11 novembre.

 

Atelier nº 8, en sale informatique   “Créations artistiques”                                                            

Animé  par M. Perales, professeur d’arts plastiques

Dans l’atelier de Suzanne, les différents groupes ont pu voir des photos en relief réalisées par son arrière-grand-père pendant la Grande Guerre.  

L’appareil stéréoscopique, équipé d’un système de double optique, permet de prendre deux images légèrement décalées d’un même objet au même instant, chaque image correspondant à la vision d’un œil. Les élèves les ont ensuite visionnées grâce à un appareil binoculaire qui permet de restituer la vision en relief.

Dans notre atelier, nous avons récupéré une série de ces images de la Grande Guerre sur Internet afin de créer l’illusion de la 3D, en assemblant ces images en animation. Pour cela, nous avons utilisé le logiciel Gimp, conçu pour le traitement d’image, mais qui permet aussi de générer un gif animé. Le principe consiste à montrer les deux images ensemble en les superposant et à les faire défiler rapidement. Par l’alternance de ces deux images, le mouvement crée une impression de relief. Le rendu est parfois assez étonnant… L’atelier a aussi été l’occasion de se réapproprier ces images d’archive centenaires et de les rendre plus actuelles en les modifiant par la technologie numérique.